Variole du singe (Monkeypox)

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Mis à jour le

Depuis mi-mai 2022, plusieurs foyers de contamination de variole du singe (Monkeypox) ont été détectés d’abord au Royaume-Uni, puis très rapidement dans de nombreux autres pays dont la France.
La majorité des cas rapportés ne sont pas graves. Très peu de décès ont été signalés à ce jour.
Le contrôle de l’épidémie repose sur le repérage et l’isolement rapide des cas, les gestes de prévention et la vaccination.

Pour en savoir plus sur la maladie, vous pouvez contacter Monkeypox Info Service au 0 801 90 80 69 tous les jours de 8h à 23h.

La variole du singe (ou Monkeypox) est une maladie due à un virus transmis à l’être humain par les animaux.

La variole du singe est habituellement présente en Afrique du Centre et de l’Ouest, souvent à proximité des forêts tropicales humides bien qu’on la rencontre de plus en plus dans les zones urbaines. Dans ces pays, la maladie est généralement transmise à l’Homme par des rongeurs ou des primates. Le virus peut ensuite circuler d’un humain à un autre, avec des foyers de cas.

Mi août 2022, plus de 2 600 cas ont été rapportés en France, dont la grande majorité en métropole.
La quasi-totalité des cas pour lesquels l'orientation sexuelle est renseignée sont survenus chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). Parmi les cas pour lesquels l'information est disponible, 71 % déclarent avoir eu plusieurs partenaires sexuels dans les 3 semaines avant l'apparition des symptômes.


Le virus de la variole du singe peut être transmis par le contact de la peau ou des muqueuses (bouche, sexe, anus) avec les boutons ou les croûtes d’une personne malade, ainsi que par ses gouttelettes (salive, éternuements, postillons…). Il est également possible de se contaminer par les objets touchés par le malade (literie, vêtements, vaisselle, linge de bain, ustensiles de toilette…). Il est donc important que les malades respectent un isolement pendant toute la durée de la maladie (jusqu’à cicatrisation complète et disparition des dernières croûtes, le plus souvent au bout de 3 semaines).

La prévention repose sur le respect des mesures de prévention, l’isolement des malades et la vaccination des sujets en contact avec une personne malade  et des sujets à très haut risque d’infection .

Le virus de la variole du singe peut provoquer de la fièvre, des boutons ou des lésions souvent douloureux sur le corps le plus souvent au niveau des organes génitaux et/ou de l’anus (mais aussi sur le visage, dans la bouche, sur les paumes de mains, les plantes des pieds,  le buste ou les membres),  des ganglions enflés et douloureux (sous la mâchoire, au niveau du cou ou au pli de l’aine), des maux de gorge, des maux de tête, des douleurs musculaires et de la fatigue.

Les boutons provoqués par la maladie sont des cloques remplies de liquide qui évoluent et se dessèchent en formant des croûtes, avant de cicatriser.

L’incubation (le délai entre la contamination et le début des symptômes) de la maladie peut aller de 5 à 21 jours. La fièvre, lorsqu’elle est présente, dure environ 1 à 3 jours. La maladie peut guérir toute seule, au bout de 2 à 4 semaines. La personne est contagieuse dès l’apparition des premiers symptômes.

La maladie pourrait être plus grave chez les enfants, les femmes enceintes et chez les personnes immunodéprimées.

A ce stade, la majorité des cas rapportés en Europe sont sans gravité, et très peu de décès ont été signalés.

Les deux vaccins actuellement disponibles sont des vaccins faits à partir du virus vivant modifié de la vaccine (maladie proche de la variole). Lors de l’administration du vaccin, le système immunitaire (le système de défense naturel de l’organisme) de la personne vaccinée produit sa propre protection sous la forme d’anticorps dirigés contre ces virus.

 Ces vaccins ne risquent pas de propager ou de provoquer la variole.

 

Le vaccin contre Variole du singe (Monkeypox)

Recommandations générales

Le 20 mai 2022, la Haute autorité de Santé (HAS) a recommandé la vaccination en post-exposition, c’est-à-dire pour les personnes en situation de contact à risque avec une personne infectée.

Depuis le 8 juillet, suite à un nouvel avis de la HAS, le vaccin est également recommandé de de manière préventive chez les personnes les plus exposées au virus :

  • les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) et ayant des partenaires sexuels multiples ;
  • les personnes trans ayant des partenaires sexuels multiples ;
  • les travailleurs du sexe ;
  • les professionnels des lieux de consommation sexuelle.

En milieu professionnel

La HAS ne recommande pas, à ce stade, la vaccination préventive des professionnels de santé qui prennent en charge les personnes malades, les mesures d’hygiène habituelles et le port d’équipement de protection individuelle rendant le risque de contamination très faible. En revanche, la HAS recommande que cette vaccination puisse être envisagée au cas par cas, selon l’exposition, l’existence de facteurs de risque individuels ou à la demande du professionnel de santé.

Recommandations particulières

Patients immunodéprimés

Vous devez informer votre médecin si vous êtes immunodéprimé (déficience du système immunitaire ou prise de médicaments affectant le système immunitaire). Une réponse immunitaire plus faible après vaccination a notamment été observée chez les patients infectés par le VIH par rapport aux sujets non infectés par le VIH.

Les sujets immunodéprimés doivent recevoir trois doses du vaccin : une vaccination antérieure par un autre vaccin contre la variole ne modifie pas les recommandations dans cette population, à savoir 3 doses du vaccin d’Imvanex®.

La seconde dose de rappel doit être administrée au moins 28 jours après la première dose de rappel.

Enfants et adolescents

 La sécurité et l’efficacité d’Imvanex® /Jynneos® chez les enfants âgés de moins de 18 ans n’ont pas été établies. Pour les enfants identifiés comme contact à risque, la vaccination sera évaluée au cas par cas.

Grossesse, allaitement et impact sur la fertilité

Les données étant encore limitées chez les femmes enceintes ou allaitantes, par mesure de précaution, il est préférable d’éviter la vaccination contre la variole du singe au cours de la grossesse et de l’allaitement, sauf s’il est estimé que le bénéfice individuel est supérieur au risque. Les études n’ont pas révélé d’impact sur la fertilité.

 

Schéma de vaccination

Il existe deux vaccins Imvanex® et Jynneos® pour prévenir l’infection chez l’adulte par les virus de la variole du singe et  le virus de la variole.

  • Le vaccin Imvanex® a obtenu une Autorisation de Mise sur la Marché (AMM) Européenne en 2013 pour la vaccination des adultes contre la variole. Depuis le 25 juillet 2022, ce vaccin a également reçu une AMM européenne pour la vaccination contre la variole du singe. 
  • Le vaccin Jynneos® a obtenu une autorisation aux Etats-Unis depuis 2019 à la fois dans la prévention de la variole et de la variole du singe.

 Le schéma vaccinal comprend deux doses, espacées d’au moins 28 jours (ou 1 dose unique pour les personnes ayant déjà été vaccinées contre la variole avant 1980, et trois doses pour les personnes immunodéprimées). 

Actuellement, la deuxième dose est reportée de plusieurs semaines, sauf chez les personnes immunodéprimées ou très exposées (notamment les travailleurs du sexe), pour permettre au plus grand nombre de personnes à risque de recevoir très vite une dose de vaccin.

Les deux vaccins disponibles sont interchangeables : la seconde dose peut ainsi se faire avec un vaccin différent de la première.

Une seule dose suffit pour les personnes qui ont été vaccinées dans leur enfance contre la variole (avant 1980). En revanche, trois doses sont nécessaires pour les personnes immunodéprimées.

La vaccination ne confère pas une protection immédiate et n’est probablement pas efficace à 100% :  il est donc important de continuer à éviter tout contact à risque avec une personne infectée par le virus de la variole du singe ou suspectée de l’être.  

Administration simultanée avec d’autres vaccins

Aucune étude d’interaction avec d’autres vaccins ou médicaments n’a été réalisée : l’administration simultanée d’Imvanex®/Jynneos® et d’autres vaccins doit être évitée. L’administration simultanée d’Imvanex®/Jynneos® et d’immunoglobulines n’a pas été étudiée et doit être évitée.

Les vaccins Imvanex® /Jynneos® ont bien entrainé une réponse immunitaire et une protection comparables à celles qui étaient données par les anciens vaccins contre la variole et une protection contre les formes sévères. Le vaccin protège efficacement à partir de 2 semaines après la 2e dose, et à partir de 7 jours après la dose de rappel chez les personnes ayant déjà été vaccinées contre la variole auparavant. 

 Les études ont montré que dans le passé, la vaccination contre la variole avec les vaccins de 1ère et 2ème génération avait une efficacité de 85% chez l’Homme pour la prévention de l’infection au virus de la variole du singe. Des études sont en cours pour évaluer l’efficacité des vaccins de 3ème génération vis-à-vis de l’infection par le virus de la variole du singe dans le cadre de l’épidémie actuelle.

Deux vaccins sont actuellement disponibles contre l'infection à Monkeypox.

Nom commercial*

Imvanex®

Maladies
concernées

Variole du singe (Monkeypox)

Type de vaccin Vivant atténué non réplicatif
Pour qui ? Personnes ayant été en contact avec une personne infectée ; personnes à très haut risque de contamination ; au cas par cas pour les professionnels de santé
Remboursement** Non documenté
Nom commercial*

Jynneos®

Maladies
concernées

Variole du singe (Monkeypox)

Type de vaccin Vivant atténué non réplicatif
Pour qui ? Personnes ayant été en contact avec une personne infectée ; personnes à très haut risque de contamination ; au cas par cas pour les professionnels de santé
Remboursement** Non documenté
Nom
commercial*
Maladies
concernées
Type
de vaccin
Pour qui ? Remboursement

Imvanex®

Variole du singe (Monkeypox)

Vivant atténué non réplicatif Personnes ayant été en contact avec une personne infectée ; personnes à très haut risque de contamination ; au cas par cas pour les professionnels de santé Non documenté

Jynneos®

Variole du singe (Monkeypox)

Vivant atténué non réplicatif Personnes ayant été en contact avec une personne infectée ; personnes à très haut risque de contamination ; au cas par cas pour les professionnels de santé Non documenté

Vous ne devez pas vous faire vacciner avec les vaccins Imvanex® ou Jynneos® si vous:

  • Présentez une réaction allergique connue à l’un des composants du vaccin ;
  • Présentez une réaction allergique aux protéines de poulet, à la benzonase, à la gentamicine ou à la ciprofloxacine, qui peuvent être présentes en très faible quantité dans le vaccin.
  • Avez une forte fièvre, la vaccination devra alors être reportée.

Les effets indésirables les plus fréquemment décrits sont des réactions au niveau du site d’injection (douleur, rougeur, gonflement). La majorité d’entre eux sont d’intensité légère à modérée et disparaissent dans les sept jours, sans traitement.

Les autres effets indésirables pouvant survenir sont :

-  douleurs musculaires, douleurs et gonflements au site d’injection, fatigue, maux de tête, nausées : très fréquent (>1 cas / 10 vaccinés) ;

- douleurs dans les extrémités, frissons, chaleur au site d’injection, légère fièvre, troubles de l’appétit : fréquent (>1/100, <1/10) ;

- éruption cutanée, toux, diarrhée, vomissement, vertiges, raideur musculaire, gonflement au niveau des aisselles, malaise, douleur thoracique : peu fréquent (>1/1000, <1/100) ;

- sinusite, grippe, conjonctivite, migraine, vertige, faiblesse musculaire, douleurs dans l’abdomen : rare (>1/10 000, <1/1000).

 

 Effets indésirables d’intérêt particulier  

Si vous présentez déjà une dermatite atopique (eczéma), il est possible que vous présentiez des réactions telles que des rougeurs, gonflements et démangeaisons, et d’autres symptômes généraux (tels que maux de tête, douleurs musculaires, nausées ou fatigue), ainsi qu’une poussée ou une aggravation de votre maladie de peau.

En cas d’inquiétude, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou pharmacien.

La vaccination pourra être réalisée par un médecin ou par un infirmier sur prescription médicale dans les centres de vaccinations désignés par le ministère chargé de la santé, en établissement de santé, dans certains CéGIDD (Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic. Les coordonnées de ces centres sont accessibles sur www.sante.fr/monkeypox. Cette liste est alimentée avec les nouveaux centres au fur-et-à mesure de leur ouverture.

L’ Agence Régionale de Santé d’Ile de France a publié sur son site Internet les coordonnées de contact des lieux de vaccination dans sa région. D’autres ARS en ont fait autant.