Coqueluche

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Mis à jour le

En France les cas de coqueluche évoluent encore de manière cyclique. Entre 2013 et 2021, le réseau Renacoq (42 hôpitaux) déclarait près de 1 000 cas de coqueluche ayant nécessité une hospitalisation chez des enfants de moins de 12 mois dont plus de la moitié chez des moins de trois mois.

Depuis le début de l’année 2024, le nombre de cas augmente de façon importante en France et en Europe avec un nombre de décès particulièrement élevé chez les nouveau-nés et les nourrissons.
Comme pour toute épidémie d’infections respiratoires, il est important de souligner que parmi les mesures barrières efficaces, le port du masque est fortement recommandé pour les personnes symptomatiques.

La vaccination de la femme enceinte est recommandée depuis avril 2022 à chaque grossesse, même si elle a déjà été vaccinée avant sa grossesse. Elle est très importante pour protéger les nourrissons qui font les formes les plus graves.

Si la mère n'a pas été vaccinée pendant la grossesse (au moins un mois avant l'accouchement), la Haute Autorité de Santé recommande la vaccination coqueluche de toute personne susceptible d'être en contact étroit et durable avec le nourrisson pendant ses 6 premiers mois de vie, si la dernière dose de vaccin coqueluche de cette personne date de plus de 5 ans (stratégie du cocooning).

Conformément aux recommandations de la HAS de juillet 2024, l’administration d’une dose de rappel de vaccin dTcaP est recommandée pour tous les professionnels travaillant au contact des nouveau-nés et nourrissons de moins de 6 mois, y compris les professionnels de santé en ville, ayant une injection datant de plus de 5 ans.

La coqueluche est une infection respiratoire due à une bactérie (Bordetella pertussis) très contagieuse. Elle se transmet de personne à personne, en particulier par les gouttelettes de salive émises lors de la toux.

La maladie se manifeste par une toux devenant quinteuse, épuisante et répétée, de jour comme de nuit et durant plusieurs semaines. Ces quintes peuvent entraîner des vomissements. Chez le petit nourrisson, la toux peut s’aggraver et conduire à l’hospitalisation. Le traitement de la coqueluche repose sur la prise d’antibiotiques pour réduire la contagiosité, parfois en hospitalisation, notamment pour les enfants de moins de 3 mois.

La coqueluche peut être grave chez les bébés, qui sont le plus souvent contaminés par un adulte : il s’agit de l’un des parents dans environ 50% des cas.

D'autres personnes, telles que les personnes ayant une maladie respiratoire chronique ou une immunodépression ou une obésité ainsi que celles âgées de 80 ans et plus, peuvent également faire des formes graves.

La maladie, comme la vaccination, ne protège pas à vie : il est possible d’attraper plusieurs fois la coqueluche, d’où l’utilité de faire, au cours de la vie, les rappels recommandés dans le calendrier des vaccinations.

Le vaccin contre La coqueluche

Tout le monde peut être concerné par la vaccination contre la coqueluche. La vaccination a un triple intérêt :

  • elle permet d’éviter d’attraper cette maladie très contagieuse ;
  • elle permet aux femmes enceintes vaccinées pendant la grossesse de transmettre des anticorps à leur nourrisson. Il sera alors protégé en attendant d’être protégé par sa propre vaccination ;
  • elle permet à l’entourage des nouveau-nés de diminuer le risque de transmission de la coqueluche aux nourrissons de moins de 6 mois, quand leurs mères n'ont pas été vaccinées pendant la grossesse. Cette stratégie de protection indirecte des petits nourrissons par la vaccination de leurs proches s’appelle le cocooning.

Recommandations générales

La vaccination contre la coqueluche est obligatoire chez tous les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018, à partir de l'âge de 2 mois. C’est la gravité de la maladie chez le nourrisson qui justifie de commencer la vaccination dès l’âge de 2 mois.

En effet, l’ensemble des nourrissons de moins de 6 mois et ceux âgés de 6 à 11 mois incomplètement vaccinés, sont à risque de forme grave.

La vaccination se fait à l'âge de 2 mois, 4 mois et une dose de rappel à l'âge de 11 mois. Ce schéma vaccinal ne doit pas être différé.

La vaccination contre la coqueluche chez le nourrisson s'effectue avec le vaccin combinant la vaccination contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, l'Haemophilus influenzae b et l'hépatite B.

Un rappel de ce vaccin est recommandé à l'âge de 6 ans (vaccin combinant la vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite).

Un rappel de ce vaccin est recommandé entre 11 et 13 ans (vaccin combinant la vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite).

Pour la population adulte, les rappels de vaccination se font aux âges de 25, 45, 65 ans et ensuite tous les 10 ans (avec le vaccin combinant la vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite).

Recommandations particulières

Femmes enceintes

La vaccination est recommandée chez la femme enceinte dès le 2ème trimestre (et de préférence entre la 20ème et la  36èmesemaine après les dernières règles) afin d'augmenter le passage des anticorps maternels au bébé et d'assurer une protection optimale du nouveau-né et du nourrisson jusqu'à ce qu'il puisse être protégé par sa propre vaccination.

La vaccination coqueluche est réalisée à chaque grossesse, y compris chez les femmes déjà vaccinées avant la grossesse.

Si la femme n'a pas été vaccinée pendant sa grossesse (ou moins d'un mois avant l'accouchement), la stratégie du cocooning s'applique pour protéger le nourrisson :

-la mère doit être vaccinée avant la sortie de la maternité, y compris si elle allaite son enfant.

-toute personne en contact proche avec le nouveau-né/nourrisson de moins de 6 mois doit être vacciné contre la coqueluche, si le dernier vaccin coqueluche de la personne date de plus de 5 ans.

 

Pour les professionnels

La vaccincation contre la coqueluche est recommandée pour :

  •    les professionnels des établissements ou organismes de prévention et/ou de soins 
    • les professionnels soignants dans leur ensemble, y compris dans les établissements d'hébergement pour personnes
    âgées dépendantes (EHPAD). Les personnes travaillant en contact étroit et répété avec les nourrissons âgés de moins de
    6 mois (maternité, service de néonatalogie et de pédiatrie) devraient être vaccinées en priorité 
    • les étudiants des filières médicales et paramédicales 
    • les professionnels de la petite enfance dont les assistants maternels 
    • les personnes effectuant régulièrement du baby-sitting 

Ces personnes, non antérieurement vaccinées ou n'ayant pas reçu de vaccin coquelucheux depuis l'âge de 18 ans et dont le dernier rappel vaccinal contre la coqueluche date de plus de 5 ans recevront une dose de vaccin contre la coqueluche (vaccin combinant la vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite).

N’hésitez pas à vous renseigner, selon votre situation, auprès de votre médecin traitant ou de votre médecin du travail.

 

Vidéo Vaccination Coqueluche - Langue des signes

L’efficacité du vaccin contre la coqueluche chez le nourrisson varie, selon les études, entre 85% et près de 100%. La durée de protection est estimée entre cinq et dix ans. Les rappels ultérieurs sont donc nécessaires.

Introduite en 1959, la vaccination contre la coqueluche s’est étendue en France en 1966 du fait de son association aux vaccins contre la diphtérie, le tétanos et poliomyélite. Depuis cette période, la chute du nombre de cas de coqueluche et de décès liés à cette maladie a été spectaculaire.

Cependant, la bactérie responsable de la coqueluche continue à circuler chez les personnes qui ont perdu avec le temps leur protection vaccinale : il est donc important que la population respecte les recommandations du calendrier vaccinal pour protéger les personnes fragiles et/ou non vaccinées, en premier lieu les nourrissons.

Les vaccins contre la coqueluche actuellement disponibles sont des vaccins inactivés. Ils n’existent que sous forme combinée avec les vaccins :

Nom commercial*

Tetravac-acellulaire®

Maladies
concernées

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Type de vaccin Tétravalent
Pour qui ? Nourrissons, enfants
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’Assurance Maladie**
Nom commercial*

Infanrix Tetra®

Maladies
concernées

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Type de vaccin Tétravalent
Pour qui ? Enfants
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’Assurance Maladie**
Nom commercial*

Repevax® Boostrixtetra®

Maladies
concernées

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Type de vaccin Tétravalent
Pour qui ? Enfants, adolescents, adultes
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’Assurance Maladie**
Nom commercial*

Infanrix Quinta® Pentavac®

Maladies
concernées

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche, Infections invasives à Haemophilus influenzae de type b

Type de vaccin Pentavalent
Pour qui ? Nourrissons
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’Assurance Maladie**
Nom commercial*

Hexyon® Infanrix Hexa® Vaxelis®

Maladies
concernées

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche, Infections invasives à Haemophilus influenzae de type b, Hépatite B

Type de vaccin Hexavalent
Pour qui ? Nourrissons
Remboursement** Pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie**
Nom
commercial*
Maladies
concernées
Type
de vaccin
Pour qui ? Remboursement

Tetravac-acellulaire®

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Tétravalent Nourrissons, enfants Pris en charge à 65% par l’Assurance Maladie**

Infanrix Tetra®

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Tétravalent Enfants Pris en charge à 65% par l’Assurance Maladie**

Repevax® Boostrixtetra®

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Tétravalent Enfants, adolescents, adultes Pris en charge à 65% par l’Assurance Maladie**

Infanrix Quinta® Pentavac®

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche, Infections invasives à Haemophilus influenzae de type b

Pentavalent Nourrissons Pris en charge à 65% par l’Assurance Maladie**

Hexyon® Infanrix Hexa® Vaxelis®

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche, Infections invasives à Haemophilus influenzae de type b, Hépatite B

Hexavalent Nourrissons Pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie**

*Cliquer sur le nom du vaccin pour obtenir son prix et plus d’informations.
**Le montant restant est généralement remboursé par les complémentaires santé (mutuelles).

Consultez la notice de ces vaccins, disponibles sur le site de la base de données publique des médicaments pour connaître l’ensemble des contre-indications.

Ces vaccins ne doivent pas être utilisés en cas :

  • d’allergie aux substances actives, à l’un des autres composants du vaccin, ou aux résidus à l’état de traces ;
  • d’encéphalopathie (maladie du cerveau) de cause inconnue, survenue dans les sept jours suivant une vaccination antérieure par un vaccin contenant la valence coquelucheuse.

La vaccination doit être différée en cas de maladie aiguë avec fièvre.

Pour plus d’information, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

Consultez la notice de ces vaccins, disponibles sur le site de la base de données publique des médicaments pour connaître l’ensemble des effets indésirables.

Effets indésirables communs à tous les vaccins injectables :

  • Réaction au site d’injection, telle que douleur, rougeur, gonflement : très fréquent (>10 cas sur 100 vaccinés).
  • Des effets généraux comme de la fièvre, des douleurs musculaires ou articulaires : fréquent (1 à 10 cas sur 100 vaccinés).
  • Réaction allergique : très rare (1 cas sur 450 000 vaccinés).

Des réactions allergiques graves, bien que très rares, peuvent survenir après la vaccination. Si l’un des symptômes décrits ci-dessous apparaît, vous devez immédiatement contacter un médecin ou les urgences médicales :

  • une éruption cutanée pouvant s’accompagner de démangeaisons ou de bulles ;
  • un gonflement des yeux et du visage ;
  • une difficulté à respirer ou à avaler ;
  • une chute soudaine de la pression artérielle et une perte de connaissance.

En cas d’inquiétude après une vaccination, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

Le vaccin est pris en charge à 65% par l’Assurance Maladie. Le montant restant est généralement remboursé par les complémentaires santé (mutuelles).

Il est disponible en pharmacie et doit être conservé au réfrigérateur entre + 2°C et + 8°C. Il ne doit pas être congelé.

La vaccination peut être réalisée en cabinet libéral, en pharmacie, à l’hôpital ou en PMI (pour les enfants jusqu’à 6 ans), ou dans un laboratoire de biologie médicale. Elle peut également être réalisée dans un centre de vaccination public. Dans ce cas, la prescription, la délivrance du vaccin et la vaccination s’effectuent sur place.

L’injection du vaccin est prise en charge par l’assurance maladie et les complémentaires santé dans les conditions habituelles. Il n’y a pas d’avance de frais dans les centres de vaccination publics et en PMI.

Le vaccin contre la coqueluche est administré par voie intramusculaire.

Le professionnel de santé remplit ensuite le carnet de santé, et le carnet de vaccination électronique inclus dans l’espace numérique en santé « Mon espace santé ». 

À savoir

Afin de savoir s’il existe des difficultés d'approvisionnement de vaccins, consultez la rubrique dédiée sur le site Internet de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Vaccination et don du sang

Le don du sang est autorisé après la vaccination contre la coqueluche.