Les vaccins d’hier à aujourd’hui

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Dès l’Antiquité, on notait que les personnes frappées une première fois par certaines maladies infectieuses ne l’étaient pas une seconde fois. Au Moyen Âge, les Chinois ont tiré parti de cette observation pour protéger les enfants contre la variole en leur inoculant du pus de pustules de malades. La « variolisation » a été introduite en Europe au XVIIIe siècle. Efficace mais dangereuse, elle entraînait alors 2% de décès.

1798-2016 : Quelques repères historiques

Edward Jenner : la vaccine contre la variole

En 1796, un médecin de campagne anglais, Edward Jenner, constate qu’une maladie bénigne des vaches, la vaccine, ressemblait à la variole et que les trayeuses de vaches qui la contractaient étaient protégées de la variole lors des épidémies. En transmettant la vaccine au petit James Phipps et en lui inoculant ensuite la variole, il observe que l’enfant ne développe pas la maladie. Le nom de vaccination est donné à cette opération. Le perfectionnement et la généralisation de la vaccination antivariolique permettront l’éradication de cette maladie en 1980.

Les premiers vaccins de Pasteur : choléra des poules et charbon

Un siècle plus tard, Louis Pasteur comprend que les maladies contagieuses sont dues à des microbes et suppose que la vaccine pourrait représenter une forme atténuée de la variole. Une idée le saisit : des formes atténuées d’autres microbes ne pourraient-elles pas protéger contre les maladies qu’ils provoquent ? Dès 1879-1881, il applique sa théorie à des maladies d’animaux d’élevage, le choléra des poules et le charbon des ovins et bovins. Dans les deux cas, l’injection d’une variété atténuée de la bactérie protège contre la maladie après inoculation d’une variété virulente de la bactérie. Pasteur élargit ainsi la signification de la « vaccination » et convainc le public assistant à ses démonstrations de la pertinence de sa méthode.

La rage de combattre la rage

Pasteur choisit ensuite de travailler sur une maladie à la fois animale et humaine, la rage. Pour mettre au point un vaccin, il transfère le virus d’un lapin à un autre afin d’obtenir un virus dit « fixe », à la durée d’incubation courte et toujours identique, et il l’atténue en faisant sécher à l’air les moelles épinières des animaux. L’inoculation du vaccin immunisera les chiens en quinze jours. Sachant qu’il faut plus de temps pour qu’un homme mordu par un chien enragé ne contracte la rage, Pasteur estime possible d’immuniser l’homme contre la maladie avant que le virus ne se propage en vaccinant rapidement après la morsure. En 1885, il vaccine le petit Joseph Meister, mordu par un chien enragé. L’enfant ne développera pas la rage, ni trois cent cinquante autres personnes traitées au laboratoire de Pasteur durant les mois suivants.

Pasteur se rend ensuite compte que le virus de la rage qu’il utilise pour ses vaccins n’était pas atténué mais détruit : l’immunité pouvait donc être obtenue par une « substance vaccinale » persistant après la mort de l’agent pathogène. Cette découverte ouvre la voie à des vaccins à base de microbes tués ou de fragments de microbes. L’histoire de la vaccination va se poursuivre.

Diphtérie et tétanos : sérothérapie et vaccins

En 1888, les Français Emile Roux et Alexandre Yersin montrent que la bactérie responsable de la diphtérie sécrète une toxine responsable des symptômes de la maladie. Deux ans plus tard, un médecin danois montre qu’il en est de même pour la bactérie responsable du tétanos. Emil Behring et Shibasaburo Kitasato, du laboratoire de Robert Koch à Berlin, découvrent que l’injection à des cobayes de toxine diphtérique ou tétanique partiellement inactivée les protège contre une inoculation du bacille. De plus, le sang de ces animaux immunisés contient une « antitoxine », autrement dit des anticorps.

Des essais cliniques entrepris en 1894 par Behring et Roux montrent que le taux de survie des enfants atteints de diphtérie et traités par injection de sérum d’animaux immunisés était de 75% (contre 40% chez les enfants non traités). Des améliorations apportées au traitement ont permis d’atteindre 90% de survie. Quant à la vaccination antitétanique, encore utilisée de nos jours à titre préventif en cas de blessure, elle sauvera des millions de vies durant de la Première Guerre mondiale.

Une avancée avec les toxines inactivées

Dans les années 1920, Gaston Ramon constate que lorsque les toxines de la diphtérie et du tétanos sont inactivées par du formol, elles conservent leur capacité à induire l’immunité. Ces « anatoxines » deviendront les constituants de base de nos vaccins antidiphtérique et antitétanique. Ramon découvrira également le rôle des adjuvants, à cette époque des composés d’amidon, qui accroissent considérablement l’efficacité de la vaccination. En 1926, des chercheurs britanniques et allemands obtiendront des résultats supérieurs avec l’hydroxyde d’aluminium, qui sera largement utilisé par la suite.

1940-1960 : vaccin contre la grippe et apparition des vaccins combinés

Dans les années 1930, l’américain Jonas Salk met au point le premier vaccin contre la grippe grâce à des virus atténués cultivés sur un liquide purifié issu d’œuf de poule. Ce vaccin sera utilisé pour protéger les soldats américains combattant en Europe à la fin de la Seconde Guerre mondiale. En 1954, il réalise le premier vaccin contre la poliomyélite, issu cette fois d’une culture du virus sur un milieu synthétique, qui sera largement utilisé en Europe et aux États-Unis. Le chercheur Albert Sabin développe une version orale (prise par la bouche) de ce vaccin, qui aura du succès dans le monde entier pour sa facilité d’administration et son faible coût. Dans les années 1950-1960 se développent également les vaccins à plusieurs valences, notamment le vaccin trivalent diphtérie-tétanos-poliomyélite (DTP) et le vaccin trivalent rougeole-oreillons-rubéole (ROR).

L’apport du génie génétique dans la mise au point des vaccins

L’évolution des vaccins continue et les années 1970 marquent un grand pas dans leur mise au point grâce au virologue Philippe Maupas et à son premier vaccin contre l’hépatite B préparé à partir de l’antigène du virus issu de sang de porteurs de la maladie. Dès 1980, le vaccin contre l’hépatite B est aussi fabriqué par génie génétique, par technologie de l’ADN recombinant, grâce aux travaux de Pierre Tiollais : l’antigène vaccinal est obtenu par insertion d’un gène du virus dans une cellule de levure de bière ou une cellule de hamster. Dans les années 1980, deux vaccins contre des infections graves dues à des bactéries (méningocoque C, pneumocoque), notamment responsables de méningites fatales ou à séquelles invalidantes, voient le jour. Ces vaccins contiennent des substances (polyosides) issues de l’enveloppe bactérienne et couvrent plusieurs sous-types de bactéries.

Un vaccin contre un cancer : le cancer du col de l’utérus

En 2006 est mis sur le marché des États-Unis et de l’Europe un vaccin contre les infections à Papillomavirus humains (HPV), un virus responsable de la survenue de cancers du col de l’utérus.

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