diphtérie

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Jusque dans les années 1930, la diphtérie était responsable d’une mortalité élevée chez les enfants (plusieurs milliers de cas par an). Elle a disparu en France grâce à la vaccination systématique depuis 1945, mais il existe encore des zones du monde où elle sévit, notamment en Asie du Sud-Est et en Afrique.

La diphtérie est une maladie due à une bactérie (Corynebacterium diphtheriae). Très contagieuse, elle se transmet de personne à personne par la toux et les éternuements.

représentation de la gorge

Les signes de la diphtérie sont ceux d’une angine, avec fièvre, gonflement du cou et maux de tête. L’angine est caractéristique avec la formation de fausses membranes dans la gorge qui recouvrent le voile du palais et les amygdales, et peuvent s’étendre et entraîner la mort par asphyxie.

La gravité de la maladie est essentiellement liée au fait que la bactérie secrète une toxine. Lorsque la toxine se diffuse dans le sang, elle peut entraîner des complications graves (atteinte du cœur et du système nerveux). Le traitement repose sur l’injection de sérum antitoxine et d’antibiotique.

La diphtérie est une maladie à déclaration obligatoire en France.

Le vaccin contre diphtérie

La vaccination contre la diphtérie s’adresse à tous et à tous les âges de la vie. Elle permet d’éviter la maladie et la transmission de la bactérie.

Recommandations générales

La vaccination des nourrissons contre la diphtérie est obligatoire avec 3 injections. Les rappels suivants chez l’enfant et l’adulte sont recommandés et sont indispensables.

En milieu professionnel

La vaccination contre la diphtérie et les rappels sont obligatoires pour :

  • les militaires ;
  • les personnels des services de secours et d’incendie ;
  • les personnels d’établissements pénitentiaires ;
  • les personnels de services médico-sociaux prenant en charge des enfants ou des personnes âgées ;
  • les personnels d’entreprises funéraires ;
  • toutes les personnes qui, dans un établissement ou un organisme de prévention ou de soins, exercent une activité professionnelle les exposant à des risques de contamination.

N’hésitez pas à vous renseigner, selon votre situation, auprès de votre médecin traitant ou de votre médecin du travail.

Recommandations pour les voyageurs

Il est recommandé à tous les voyageurs de vérifier et de mettre à jour si nécessaire leur vaccination contre la diphtérie, en particulier ceux qui se rendent dans des zones où sévit la diphtérie, comme l’Afrique (y compris en Afrique du Nord), la Russie, l’Ukraine, la Lettonie, le continent indien et le sud-est asiatique.

Schéma de vaccination

Nourrissons et enfants (jusqu’à 13 ans) :

  • Primovaccination obligatoire à l’âge de 2 mois, 4 mois et 11 mois (3 injections au total).
  • Rappels à 6 ans et entre 11 et 13 ans.

Adultes (20 à 65 ans) :

  • Rappel à 25 ans : 1 injection.
  • Rappel à 45 ans : 1 injection.

Seniors (à partir de 65 ans) :

  • Rappel à 65 ans : 1 injection puis un rappel tous les dix ans.

La vaccination contre la diphtérie est très efficace : les études montrent que 96 à 98% des nourrissons vaccinés sont protégés (en développant des anticorps contre la maladie).

La dernière grande épidémie de diphtérie en France remonte aux années 1940. La généralisation de la vaccination à partir de 1945 a permis de faire disparaître la maladie en France. En 1945, environ 45 000 cas et 3 000 décès avaient été enregistrés. Depuis 1990, aucun cas n’a été signalé en France, à l’exception de quelques rares cas chez des personnes de retour d’un pays où circule la bactérie.

La vaccination de tous les nourrissons contre la diphtérie et le respect du calendrier des rappels de vaccins sont les seuls moyens d’éviter la réapparition de la maladie. Une diminution de la vaccination de la population peut entraîner une hausse du nombre de cas, voire une épidémie comme dans les années 1990 dans les pays de l’ex-Union soviétique.

Un cas de diphtérie mortel a été rapporté en 2015, en Espagne, chez un enfant non vacciné et un en Belgique, en 2016 : ces événements confirment la nécessité de maintenir une couverture vaccinale très élevée pour éviter la réapparition de la maladie en France.

Les vaccins contre la diphtérie actuellement disponibles sont des vaccins inactivés constitués d’une toxine modifiée issue de la bactérie. Cette toxine inactivée est sans danger. Les vaccins contre la diphtérie sont combinés avec les vaccins :

Nom commercial*

Hexyon®
Infanrix Hexa®

Maladies
concernées

diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, méningites à Haemophilus influenzae de type b, hépatite B

Type de vaccin Hexavalent
Pour qui ? Nourissons
Remboursement** Pris en charge à 65 % par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Infanrix Quinta®
Pentavac®

Maladies
concernées

diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, méningites à Haemophilus influenzae de type b

Type de vaccin Pentavalent
Pour qui ? Nourissons
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Infanrix Tetra®

Maladies
concernées

diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche

Type de vaccin Tétravalent
Pour qui ? Enfants
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Tetravac-acellulaire®

Maladies
concernées

diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche

Type de vaccin Tétravalent
Pour qui ? Nourrissons, enfants
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Boostrixtetra®
Repevax®

Maladies
concernées

diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche

Type de vaccin Tétravalent
Pour qui ? Adultes, adolescents, enfants
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Revaxis®

Maladies
concernées

diphtérie, tétanos, poliomyélite

Type de vaccin Trivalent
Pour qui ? Adultes
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**
Nom
commercial*
Maladies
concernées
Type
de vaccin
Pour qui ? Remboursement

Hexyon®
Infanrix Hexa®

diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, méningites à Haemophilus influenzae de type b, hépatite B

Hexavalent Nourissons Pris en charge à 65 % par l’assurance maladie**

Infanrix Quinta®
Pentavac®

diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, méningites à Haemophilus influenzae de type b

Pentavalent Nourissons Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**

Infanrix Tetra®

diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche

Tétravalent Enfants Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**

Tetravac-acellulaire®

diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche

Tétravalent Nourrissons, enfants Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**

Boostrixtetra®
Repevax®

diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche

Tétravalent Adultes, adolescents, enfants Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**

Revaxis®

diphtérie, tétanos, poliomyélite

Trivalent Adultes Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**

*Cliquer sur le nom du vaccin pour obtenir son prix et plus d’informations.
**Le montant restant est généralement remboursé par les complémentaires santé (mutuelles).

Il convient de se référer à la notice de ces vaccins, disponibles sur le site de la base de données publique des médicaments pour connaître l’ensemble des contre-indications.

Le vaccin ne doit pas être utilisé en cas :

  • d’allergie aux substances actives, à l’un des autres composants du vaccin, ou aux résidus à l’état de traces ;
  • de réaction allergique sévère ou de troubles neurologiques survenus après une précédente injection.

La vaccination doit être différée en cas de maladie aiguë avec fièvre.

Pour plus d’information, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

Il convient de se référer à la notice de ces vaccins disponible sur le site de la base de données publique des médicaments pour connaître l’ensemble des effets indésirables.

Effets indésirables communs à tous les vaccins injectables :

  • Réaction au site d’injection telle que douleur, rougeur, gonflement : très fréquent (>10 cas sur 100 vaccinés).
  • Des effets généraux comme de la fièvre, des douleurs musculaires ou articulaires : fréquent (1 à 10 cas sur 100 vaccinés).
  • Réaction allergique : très rare (1 cas sur 450 000 vaccinés).

Des réactions allergiques graves, bien que très rares, peuvent survenir après la vaccination. Si l’un des symptômes décrits ci-dessous apparaît, vous devez immédiatement contacter un médecin ou les urgences médicales :

  • une éruption cutanée pouvant s’accompagner de démangeaisons ou de bulles ;
  • un gonflement des yeux et du visage ;
  • une difficulté à respirer ou à avaler ;
  • une chute soudaine de la pression artérielle et une perte de connaissance.

En cas d’inquiétude après une vaccination, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

Le vaccin contre la diphtérie peut être prescrit par :

  • un médecin ;
  • une sage-femme pour les femmes, l’entourage des femmes enceintes et l’entourage du nouveau-né jusqu’à ses 8 semaines.

Le vaccin est pris en charge à 65% par l’assurance maladie. Le montant restant est généralement remboursé par les complémentaires santé (mutuelles).

Il est disponible en pharmacie et doit être conservé au réfrigérateur entre + 2°C et + 8°C. Il ne doit pas être congelé.

À savoir
Des difficultés d'approvisionnement sont actuellement rencontrées avec certains vaccins contenant la valence diphtérie. Pour plus d'information, consultez la rubrique dédiée sur le site Internet de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

La vaccination contre la diphtérie peut être réalisée par un médecin, un infirmier (sur prescription médicale) ou une sage-femme en libéral, à l’hôpital ou en PMI (pour les enfants jusqu’à 6 ans). Elle peut également être réalisée dans un centre de vaccination public. Dans ce cas, la prescription, la délivrance du vaccin et la vaccination s’effectuent sur place.

L’injection du vaccin est prise en charge par l’assurance maladie et les complémentaires santé dans les conditions habituelles.

Il n’y a pas d’avance de frais dans les centres de vaccination publics et en PMI.

Le vaccin est administré par voie intramusculaire ou sous-cutanée.